dimanche 19 mai 2024
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Crimes historiques en Alsace : « Raconter 2000 ans d’histoire »

L’ancien faits-diversier du journal L’Alsace à Mulhouse, Jean-Marie Stoerkel, consacre sa retraite à l’écriture de romans, et a récemment été récompensé du prix Beatus Rhenanus des Amis de Summerlied pour son engagement en faveur de la région. Il sort Crimes historiques en Alsace, aux Éditions du Bastberg, où un tueur en série passe à l’acte sur des lieux d’histoire de -58 à 1945.

Vous qui suiviez les faits divers au quotidien, qu’est-ce qui vous a amené à écrire des romans ?

Jean-Marie Stoerkel : Je suivais les affaires criminelles et les procès du début à la fin : il y a un stock d’affaires criminelles ! Au départ, j’écrivais des documents plutôt que des romans, et puis avec la parution de Cinquante nuances de crimes (2020), j’ai trouvé que le mécanisme du roman a plus de force, on apprend de façon ludique. C’est ce qui m’intéresse de plus en plus, parler de l’Alsace : à côté de chez vous, il y a des choses à voir, des trésors partout ! L’idée est de faire une intrigue policière et d’apprendre des choses aux gens en même temps.

Dans le roman, un tueur en série agit sur des zones géographiques précises…

Oui, il commet des crimes en divers endroits où se sont passés des faits historiques, ce qui permet de raconter 2000 ans d’histoire, à partir de 58 av. J.-C., quand Jules César a dit qu’il a jeté les Germains de l’autre côté du Rhin, c’est la bataille de l’Ochsenfeld sur la première colline dans la plaine à Mulhouse, donc Pfastatt. Ensuite, il y a Sainte-Odile, Jeanne de Ferrette, la guerre des paysans en 1525 à Scherwiller, etc.

Jean-Marie Stoerkel
Vous mélangez fiction et réalité, avec cette part de légende qui marque les esprits. Les faits historiques relatés sont pourtant réels…

C’est une constante à toutes les guerres et les grands combats, les vainqueurs sont glorifiés et on ne sait plus si les héros ont existé ou pas. Les faits historiques sont bien réels, prenons par exemple Mac Mahon : il a été glorifié avec la charge de Reichshoffen qui n’a servi à rien sauf à massacrer des soldats supplémentaires au milieu de la bataille de Woerth-Frœschwiller, or on retient la bataille de Reichshoffen et Mac Mahon ! Ça permet de remettre en place l’histoire. Pareil sur les photos de couverture, qui connaît le Général Schlesser au milieu à droite avec sa pipe, c’est daté du 2 février 1945 ? Il est entré dans Colmar à la tête des chars, et a réussi une manœuvre de nuit pour libérer Colmar et chasser les Allemands sans faire de dégâts. Or il reste inconnu ! Il y a des vainqueurs, qui sont toujours les grands chefs, et les petites gens, on les oublie…

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