jeudi 25 avril 2024
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Alsace – Favoriser la réussite professionnelle des apprentis en situation de handicap

Depuis 2021, Florent Petitdemange coordonne la politique handicap des 20 CFA publics regroupés au sein du CFA de l’académie de Strasbourg. Il note des évolutions, mais il admet que les mentalités sont longues à changer et qu’il reste encore à se montrer pédagogue envers les employeurs.

En tant que référent handicap du CFA académique, quelles sont vos missions ?

On compte entre 150 et 160 apprentis en situation de handicap sur environ 7000 apprentis inscrits au CFA académique. Je les accompagne tout au long de leur formation, en veillant à l’aménagement des cours, en assurant leur suivi et leur intégration en entreprise. Je coordonne aussi la politique handicap du réseau des Greta Alsace qui proposent des formations courtes pour les demandeurs d’emploi et les particuliers en reconversion professionnelle. J’accompagne les stagiaires en situation de handicap de la même manière que les apprentis. Je travaille beaucoup sur les problématiques de l’accès pédagogique et de l’accès à l’emploi. Les établissements recevant du public avaient jusqu’au 1er janvier 2024 pour se mettre en conformité avec la loi sur l’accessibilité de ces structures aux personnes handicapées, mais beaucoup de lieux ne sont pas encore adaptés.

Quels sont vos moyens pour agir sur l’accessibilité et l’employabilité des personnes en situation de handicap en entreprise ?

L’accessibilité est une obligation légale qui incombe à l’employeur, donc je n’ai aucun moyen d’action. Mais sur l’accompagnement pédagogique, il y a beaucoup à faire. Je ne suis pas là pour répondre à des statistiques. Mon moteur c’est la réussite du projet professionnel de l’apprenti. J’œuvre à lever tous les freins qui préexistent à l’embauche d’une personne en situation de handicap. Mon objectif est de démontrer que leur embauche n’est pas plus compliquée que pour une personne « valide ». Au contraire, il y a plus d’aides et plus d’accompagnement. Mais beaucoup d’employeurs ne le savent pas. Par exemple pour l’embauche d’un apprenti en situation de handicap, l’État verse une prime de 6000 euros, et l’Agefiph une prime de 2500 euros. Une seconde prime du même montant est versée si l’employeur propose un contrat en CDI. Tout ce qui relève de la compensation du handicap ne coûte rien à l’employeur.

Est-ce que la vision du handicap dans le monde de l’entreprise évolue dans le bon sens ?

Chaque année, au CFA académique nous avons entre 10 et 15 apprentis en situation de handicap supplémentaires. C’est positif : cela signifie qu’ils se rendent compte qu’ils peuvent exercer un métier sans difficulté particulière. Du côté des employeurs ils prennent plus conscience des situations de handicap que par le passé. En étant incitatif, ça fonctionne. Mais il y a encore quelques idées reçues à abattre et une méconnaissance sur les aides financières et les dispositifs mobilisables. De par ma situation personnelle, comme je suis en fauteuil roulant, j’ai un discours plus incisif avec un employeur ou un enseignant qu’un autre collègue.

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