vendredi 24 mai 2024
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Olivier Andrieu – D’une bulle à une autre

Votre première vie a commencé au Maroc, où vous êtes né. L’Alsace c’était pour plus tard !

Effectivement. Je suis né à Casablanca. Mes parents travaillaient dans la santé au Maroc. Ma mère exerçait à Agadir et mon père à la limite du Sahara. Il lui arrivait même de jouer les vétérinaires pour chameaux (rires). Cependant, je n’y ai pas vécu longtemps. Alors que je n’étais encore qu’un enfant, nous sommes partis pour nous installer dans le sud de la France, à Antibes, où j’ai attrapé mon accent. Après le baccalauréat, j’ai étudié à Montpellier et à Marseille, où j’ai obtenu une maîtrise en sciences et techniques biomédicales. J’ai enchaîné avec une école d’ingénieur parisienne et je me suis spécialisé dans la télématique.

La télématique marque les débuts de l’informatique. C’est un secteur dans lequel vous vous êtes spécialisé. Quelles ont été vos expériences dans ce domaine ?

J’ai travaillé très tôt sur le minitel. J’ai effectué mon service militaire en Guadeloupe, dans les télécommunications. La vie sur l’île me plaisait tellement que j’ai décidé de prolonger l’expérience en prenant un poste de responsable télématique au Crédit Agricole. Pendant cinq ans, j’ai activement contribué à l’implantation du minitel. J’y ai même rencontré une Alsacienne que j’ai épousée. Nous avons fait le choix de revenir sur le continent, à Martigues, puis en Alsace en 1991, où j’ai intégré l’ADIT, l’Agence pour la diffusion de l’information technologique. J’étais chargé de faire de la veille technologique. À ce sujet, j’ai produit beaucoup d’écrits, aussi bien des articles que des livres. J’ai connu de grandes avancées comme le déploiement d’internet, l’implantation de l’ADSL, le développement de la téléphonie portable, etc. Mes livres ont toujours eu vocation à vulgariser ces différents sujets techniques. Les derniers étaient majoritairement dédiés au référencement web. Depuis 1996, je travaillais la moitié de mon temps à l’ADIT, et l’autre moitié à mon compte, en tant que consultant, écrivain, conférencier et même formateur. J’aimais diffuser ce que j’apprenais.

Sexymol, The Dark Side of the Lose. / ©Documents remis
Pourquoi avoir arrêté ?

Je commençais à tourner en rond. Je ressentais le besoin de connaître une bonne fin dans ce domaine. J’apprenais moins et le métier commençait à s’orienter sur l’IA, ça ne m’intéressait pas. J’avais besoin de replacer l’humain au centre de mon métier. J’ai vendu mon activité, sans remords et sans regrets.

Vous avez toujours été passionné par la bande dessinée, même si elle a longtemps été laissée dans l’ombre de votre carrière. Quelles ont été vos premières réalisations ?

Effectivement, ça remonte à l’enfance. J’ai toujours baigné dedans. En 1999, je trouvais qu’il y avait beaucoup de livres dédiés à Tintin, mais pas aux aventures d’Astérix, dont je suis un grand fan. J’ai décidé de me lancer dans l’écriture d’un livre et de l’envoyer aux éditions Albert René. Je suis même allé jusqu’à leur présenter mon projet à Paris, mais j’ai dû attendre longtemps pour que ça aboutisse. Ce n’est que l’année suivante, pour les 40 ans de la série, que j’ai été recontacté pour lui donner vie. Ça a été un énorme succès. Il se vend encore aujourd’hui.

Une planche de Sexymol. / ©Documents remis
En parallèle, vous avez développé un certain attrait pour un autre personnage créé par Goscinny : Iznogoud.

Oui. En m’inspirant de la méthodologie de Goscinny, j’ai commencé à écrire des scénarios pour Iznogoud. Je les ai proposés, ça a plu et on m’a proposé de devenir le nouveau scénariste. Depuis 2021, j’ai contribué aux numéros 31 et 32.

Vous avez fondé Klev, votre propre maison d’édition, et vous avez décidé de vivre de la BD. Ainsi, vous avez donné vie à d’autres histoires comme Voogle, une bande dessinée basée sur la vie dans un GAFA, Grifil, Tatêth, Docteur Foulamour, Les Graffeurs ou encore Mila. La dernière en date est Sexymol !

C’est l’histoire de quatre garçons qui ont envie de fonder un groupe de rock, alors qu’ils n’ont jamais touché un instrument de musique de leur vie. Leurs seuls objectifs sont de gagner de l’argent et de « pécho des meufs ». Cette histoire, d’une certaine manière, c’est un peu du vécu. Baba, le dessinateur, Bruno Citrugni, à la mise en couleurs, et moi-même avons tous évolué un moment de notre vie dans un groupe de musique. Le tome 1 est disponible sur le site dédié, sur de grandes plateformes d’e-commerce, mais aussi sur commande en librairies. Jusqu’à maintenant, les premiers retours sont bons. Beaucoup se reconnaissent dans ces pages. Le tome deux racontera le premier concert.

L’équipe de Sexymol, de gauche à droite : Bruno Citrugni, Olivier Andrieu et Baba. / ©Dr
Avez-vous d’autres projets dans les tuyaux ?

Je travaille sur les aventures de Jeff Mistral, une nouvelle bande dessinée. Le premier tome, intitulé « Mort imminente », est en cours de création. Dans cette BD, un des personnages vit une expérience de mort imminente et en profite pour faire des casses. Jeff Mistral est chargé d’enquêter sur ces cambriolages. Alain Julié s’occupe des illustrations et Claire Dumas de la mise en couleurs. À titre personnel, je travaille aussi sur un livre de méthodologie des grands scénaristes de bande dessinée. Encore une fois, l’idée est de transmettre ce que j’ai appris.

 

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