lundi 24 juin 2024
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Le myosotis – La fleur des mamans

C’est une si petite fleur et pourtant chargée d’une forte symbolique. Dans la mémoire populaire, le myosotis, souvent associé à l’image des mamans, est un vecteur de l’amour maternel.

Je l’ai constaté en publiant un texte sur cette fleur : les réactions récoltées furent essentiellement en lien avec l’amour maternel. Son nom alsacien Vergissmeinnicht, c’est-à-dire « ne m’oublie pas », est le même qu’en allemand. Il dit combien le myosotis est la fleur de la mémoire. Il l’est presque dans toutes les langues. Ainsi les Anglais l’appellent « forget-me-not », et les Espagnols « no-me-olvides ».

 

Parfois nommé « herbe d’amour », le myosotis est lié à une légende qui dit qu’un chevalier se promenait avec son amoureuse au bord d’une rivière. Il voulut lui cueillir cette fleur, perdit l’équilibre, et, se noyant, jeta cette fleur à sa dame de cœur en criant « Ne m’oubliez pas ! » Avec cette image romantique, on oublierait la signification première du mot myosotis, d’origine grecque et qui signifie « oreille de souris », car les petites feuilles veloutées de cette fleur ont cette forme.

Bouquet de myosotis et d’euphorbe de Jean-Paul Ehrismann posé sur napperon au point de tige réalisé par sa grand-mère. / ©J-P.E

Cette fleur si simple, d’un bleu unique, le « bleu myosotis », avec son point jaune au centre et ses cinq pétales est tout simplement craquante. C’est un plaisir de la voir apparaître au printemps, avec sa généreuse floraison, ses coussins de fleurs qui forment le plus tendre des couvre-sol.

On ne trouve pas de myosotis chez le fleuriste, car ce n’est pas une fleur à couper. Pourtant, ses bouquets, fragiles et délicats, contiennent une puissance romantique.

« Ce bleu ciel au milieu de ce vert est une merveille », m’écrit Clarisse Scheideck.

Claudine Scalera ajoute : « Ses fleurs me rappellent ma grand-mère qui en avait plein le jardin. Elle coupait une très grosse poignée de myosotis pour les déposer dans une vieille soupière. Les fleurs se redressaient dans l’eau et constituaient un magnifique centre de table ».

Nolan Frémy rappelle qu’il existe aussi des myosotis, certes plus rares, de couleur rose et parfois blanche.

Je me souviens de mes premières boucles d’oreilles. Elles étaient en or avec un motif de myosotis bleu incrusté. Dans les années 60, il était alors courant de faire percer les oreilles de filles pour la première communion. Geneviève Grimler précise que lorsqu’elle était enfant, sa grand-mère lui avait aussi offert des boucles d’oreilles avec des Vergissmeinnicht dont elle était fière.

Marylse Herolt se rappelle qu’elle eut aussi des boucles d’oreille en forme de myosotis et qu’elle en a perdu une à la maternelle. Je connus la même mésaventure :  j’ai également perdu une des boucles d’oreille, j’ai gardé l’autre et bien des années plus tard, une fois « grande », j’ai fait transformer cette « orpheline » en pendentif par un bijoutier.

À l’origine, le myosotis poussait uniquement à l’état sauvage. Il n’est cultivé dans les jardins que depuis les années 1830. Depuis l’Antiquité, ses fleurs sont utilisées en décoction pour soigner les affections oculaires. La tisane de ses fleurs est réputée pour accroître la mémoire et la vivacité d’esprit. Le myosotis est d’ailleurs devenu le symbole de la société Alzheimer, car la perte de mémoire est un des symptômes majeurs de cette maladie.

Des boucles d’oreilles avec de vrais myosotis incrustés (Création Vanillea) / ©dr

Lorsque la photo du bouquet de myosotis de Jean-Paul Ehrismann, aquarelliste hors pair, écrivain-poète, apparut sur ma messagerie, me renvoyant vers son site Les rives du quotidien, je fus touchée par sa beauté et par sa simplicité. J’ai eu, de plus, l’impression que cette photo me renvoyait vers des temps immémoriaux, d’une Alsace rurale, touchante et authentique. J’ai reconnu dans ces motifs du napperon au point de tige réalisés par sa grand-mère Marguerite Ehleider, ceux que brodaient maman, mes grand-mères et mes tantes.

Jean-Paul Ehrismann, qui a grandi à Seebach, connaît bien la nature. Il précise : « Ce bouquet comporte une base d’euphorbe-petit cyprès et de myosotis, avec des rajouts (peu visibles) de fraise des bois, de sauge officinale, de sauge des prés et de muscari. Ces fleurs couleur azur si petites et si discrètes sont chargées d’un message subliminal. Nul d’entre nous ne peut l’ignorer. Il nous renvoie aux carnets de poésie de notre enfance dont les jeunes filles soignaient d’enrichir les pages comme un précieux viatique. Je ne peux m’empêcher, alors même que je suis devenu un garçon adulte, âgé de 3/4 de siècle, d’éprouver une émotion tendre et sincère à la vue de ces fleurs, augmentée par la vue de ces hirondelles que ma grand-mère, à l’instar de toutes les jeunes filles de son époque, a brodées avec délicatesse et amour ».

Avec ce bouquet de Jean-Paul Ehrismann, je souhaite à toutes les mamans une heureuse fête 💙 Glìckliger Müederdàà 💙

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