jeudi 18 juillet 2024
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Haut-Rhin – Les salariés de Technifen rouvrent en grand les portes et fenêtres de leur avenir

Après un début d’année tumultueux, le tribunal judiciaire de Mulhouse vient de valider la reprise de l’entreprise Technifen par ses salariés, sous statut de société coopérative de production (Scop). A la clé, 36 emplois et un savoir-faire local de sauvés. Retour sur les événements avec Denis Suss, membre de la Scop.

Que vous inspire ce combat pour l’emploi que vous et 35 autres salariés avez mené avec succès ?

Denis Suss : Un mélange de grand soulagement pour les salariés et leurs familles et de grande pression, parce que beaucoup reste à faire pour relancer l’entreprise sur de bonnes bases.

Sous forme de Scop, un projet pas si banal que cela…

Denis Suss : Oui. Quand nous avons compris que nous n’aurions pas de repreneur sérieux, Patrice Poulot, qui était commercial chez nous, a émis l’idée d’étudier ce statut, qu’il avait déjà expérimenté au sein d’une entreprise familiale. Son collègue Michel Gutleben et cinq autres salariés dont moi avons cherché à creuser l’idée et nous sommes rapprochés de Marie Madeleine Maucourt et Beatrice Roux, respectivement directrice et chargé de mission développement des Scop du Grand Est. Leur accompagnement a été essentiel.

Quelle est la particularité d’une Scop ?

Denis Suss : C’est un engagement de tous les salariés. Trente-six au total dans notre cas. Dans une telle structure, les associés salariés détiennent la majorité du capital social et du pouvoir de décision. Tous possèdent un même poids lors d’un vote en assemblée générale, quel que soit le montant de leur apport en capital. Chacun a abondé le capital en y déposant sa prime de licenciement, son retour de prime à l’emploi anticipé et la prime de création d’entreprise. Tout cela adossé à un plan de financement établissant notre seuil de rentabilité attendu.

Et c’est passé. Comment réussir là où d’autres repreneurs ont échoué par le passé ?

Denis Suss : Nous avons fait le choix de nous redévelopper de manière raisonnée. Cela passe par un recentrage sur notre région d’origine, le Haut-Rhin, entre Lutterbach et Colmar. Cela passe aussi par une montée en compétences avec le développement d’une philosophie multiposte. Et, enfin, par une gestion de bon père de famille, avec un pourcentage des bénéfices répartis entre les salariés pour récompenser leur travail, la création de fonds de réserve et d’investissement. En résumé : du travail, beaucoup, et peut-être encore plus de bon sens.

Comment ont réagi vos partenaires ou clients extérieurs, à l’annonce de cette reprise ?

Denis Suss : Extrêmement bien. Tous nous soutiennent. Même la famille Wehr qui, bien que plus dans le secteur, nous a rendu abordable la location des locaux. C’est important pour nous : tous comprennent que nous avons des valeurs de rigueur et d’honnêteté à défendre qui nous sont très chères, parce qu’ancrées dans notre culture alsacienne.

Christophe Nonnenmacher

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