jeudi 29 février 2024
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Sophie, la baroudeuse, cueilleuse, croqueuse

Salut les maxi-lecteurs de Maxi-Flash, ça vous dit de découvrir je ne sais trop quoi ? En flânant le nez en l’air, dodelinant pour mieux zyeuter l’horizon. Humer le parfum subtil d’un bouquet d’arbres sur mon chemin, qui t’emmène partout et nulle part. Je suis à la recherche de quelque chose ! D’une friandise, biscornue. Il y a des jours comme cela, où une rafale de vent t’enveloppe, t’entortille comme un linge, te dévoile un petit paradis qui enrubanne ton âme et tout ton être. Waouh ! Mais que cherches-tu ce petit jour André Muller ? Si je le savais mon cher ami... Si je le savais ! « Nunde buckel. »

En musardant, je tombe, c’est le cas de le dire, nez à nez, pas devant un lieu ni le jardin d’Éden, ni un clocheton, que nenni, mais sur le marché où règne une atmosphère confuse, un brouhaha s’élève d’une foule endimanchée, un peu speedy. Je découvre un flot invraisemblable de personnes, genre bobos des années 80, le panier en osier sous le bras. Ils attendent là sagement à la queue leu leu, devant une tente de jardin au toit pointu blanc ! Mais que se passe-t-il ici…? Je va me renseigner. Komm, komm…

André à la rencontre de celle qui vend le pain de Quentin de Marlenheim sur les marchés. / ©dr

Ja was isch do los am stand vom Bäck, Mämsell ?

Je vous décris rapidement la boulangère derrière son étal :
une charmante princesse longiligne, des yeux emplis de lumière, d’un bleu azur, un véritable soupirail de l’âme, sans parler de son sourire si généreux et si contagieux, son nom, Sophie Goudey. Elle est plus que jolie, elle est belle.

-Étonnant, mais quel succès, vous vendez votre pain comme des petits pains ?
-Un peu facile, Monsieur le journaliste (rire).
-Je ne suis pas la boulangère, je vends le pain de Quentin de Marlenheim sur les marchés.
-Le succès ne vient pas seulement de la qualité de votre pain, viennoiseries, kugelhopf, votre sourire bienveillant, avenant, contribue sans aucun doute.
-Si vous le dites André ! Mais nous avons un panel de savoureux pains BIO, fait par d’excellents et passionnés boulangers au fournil de Quentin.
-Mais ton aisance d’où vient-elle ? Tu as un contact hors du commun Sophie, ça s’apprend ousque !
-Tu sais, j’ai beaucoup voyagé avec mon sac à dos, ma fourchette, mon couteau suisse de Mac Gyver, j’ai découvert le monde, de l’Australie en passant par l’Afrique, la Mongolie, la Nouvelle-Zélande, l’Inde, le Vietnam, durant trois années, j’ai baroudé. Que du Bonheur !!! J’ai travaillé, vendu des fruits rouges à Wellington, j’ai rencontré tellement de personnes différentes. En Mongolie, par exemple, j’ai traversé une partie des steppes par un froid glacial, à dos de cheval, tu sais, les petits chevaux trapus, vigoureux et doux. Mon hôte m’avait habillée en costume traditionnel, en poil de bête pour me protéger de cette froidure, une chapka vissée sur ma tête. Par une nuit froide au clair de lune, -35°C, nous avons chassé les loups dans les montagnes en traversant les forêts au milieu de nulle part. Nous allumions des feux de bois pour nous réchauffer, nous dormions dans les yourtes. Que de souvenirs ! Tu sais, André, partir c’est APPRENDRE…

Waouh, je suis vraiment impressionné, scotché. Sophie est solaire, elle est un bout de toutes les personnes qu’elle a rencontrées à l’autre bout du monde. Voilà le secret de Sophie, son succès, son aisance, son sourire, en vendant du pain sur les différents marchés, ce pain qui entretient la VIE. Noble, NON ! Vous ne pourrez jamais louper Sophie, cette charmante Sophie a une voix qui porte et un sourire qui rapporte du bonheur, Sophie fait ce métier pour vivre, c’est son gagne-pain en attendant de repartir barouder et croquer la vie à pleines dents.

À bientôt chers maxi-lecteurs pour de nouvelles aventures, de nouvelles balades colorées à travers nos grands espaces alsaciens et même un peu plus loin !

André Muller

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