La question des transports, et de leur gratuité, est centrale dans toutes les villes de France et de Navarre. En Alsace, un type de véhicule a fleuri dans quelques villes, dont Mulhouse et Colmar : une petite navette électrique gratuite, qui dépose les habitants d’un point à l’autre du centre-ville. Mais ça, c’était avant. À Colmar, la navette proposait un circuit prédéfini, des places limitées et un coût élevé de plusieurs centaines de milliers d’euros par an : « Elles arrivaient également en bout de vie et la fréquentation, plutôt faible, n’était pas celle qu’on espérait », ajoute Éric Straumann, maire de la ville et président de l’agglomération. Alors, Colmar Agglo a changé son fusil d’épaule. Exit la navette, place à des « taxis » gratuits, le Flexistadt.
« Ce qui est gratuit est quand même payant, il faut bien financer la gratuité »
MOINS CHERS ET PLUS EFFICIENTS
Concrètement, les navettes sont remplacées par des véhicules gratuits réservés aux habitants de l’agglomération voulant circuler en centre-ville. Jusqu’à trois passagers peuvent monter à bord, sans condition d’âge.
Ce nouveau service fonctionne tous les jours, de 9h à 18h. Les véhicules sont deux SUV Citroën électriques. Cela apporte plusieurs avantages, comparé aux navettes. Premièrement, pour l’agglomération et la Trace, le service de transport en commun, ces véhicules coûteront a minima moitié moins cher que les navettes : « Il faudra voir à l’usage, mais c’est moins de 200 000 euros par an », explique-t-il. Autre avantage, pour les habitants cette fois : la flexibilité. « Avec ça, on ramène les passagers directement à l’adresse où ils souhaitent aller. S’ils ont fait des courses, ils peuvent les charger à l’arrière et on les ramène à l’arrêt de bus ».
Une mesure en faveur de l’accessibilité et du transport vert qui vient se coupler au ticket de bus à deux euros pour les seniors. Pour le moment, aucune gratuité totale des transports en commun n’est envisagée : « Ce qui est gratuit est quand même payant, il faut bien financer la gratuité », justifie Éric Straumann.
Ce transport à la demande gratuit pour les locaux est surtout une innovation colmarienne : aucune autre ville en France ne propose ce type de système.
LE CHIFFRE : 20
C’est le nombre de communes que compte Colmar Agglomération, et dont les habitants pourront bénéficier de ce nouveau service.



