jeudi 30 mai 2024
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Marikala – Combattante positive

Auteure et compositrice, peintre et coach vocal, Marikala est une artiste multipotentielle, attachée aux émotions et à la nature. La Thannenkirchoise arpente les routes d’Alsace pour présenter son art et son album Respire sorti en 2020. Ce mercredi 4 octobre, Marikala sera en concert à la Salle Arthuss de Wintzenheim. Elle y expose également ses peintures et dessins jusqu’au 6 octobre.

Pour commencer, d’où vient cette passion pour l’art ?

Je suis un peu tombée dedans quand j’étais petite puisque ma maman est professeur de chant. J’ai toujours dessiné, fait les spectacles dans les fêtes de famille. Après le bac, j’ai hésité entre les Beaux-Arts et le théâtre, mais dans mon entourage, on me disait que ce n’était pas un métier, que je devais faire des études de commerce, ce que j’ai fait. J’ai enchaîné avec la communication et le marketing puis j’ai fait un burn-out. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de vivre de la musique. J’ai démarré avec des reprises de chansons françaises.

Par la suite, vous vous êtes lancée dans la composition et vos albums ont vu le jour ?

Oui, finalement, dans l’écriture de textes, je me suis retrouvée; quand j’étais petite, j’écrivais beaucoup de poésie. J’ai sorti mon premier album en 2015, le deuxième en 2018 et, au moment du covid j’étais en pleine écriture de mon troisième album. Je me suis dit que c’était une chance de monter sur scène et de vivre de son art, mais que ce serait bien de donner un vrai sens à mes représentations, de participer à l’ouverture des consciences.
Je suis assez engagée dans tout ce qui concerne l’environnement et j’ai décidé de dédier mon dernier album à la planète, l’environnement et l’amour. Respire est donc sorti en pleine période de confinement.

C’était important de diffuser ces messages à ce moment-là ?

La vie a fait que c’est tombé à ce moment-là, mais c’était plutôt une bonne chose parce qu’il y a plein d’artistes qui se sont retrouvés en déprime, voire en dépression.
C’est vite fait de se casser la figure, de perdre le moral. Alors j’ai décidé de mettre ce temps-là et cette situation au service de la création, et j’ai terminé l’album.

À vous entendre, je me pose une question : est-ce que vous êtes une combattante ?

Une combattante positive. Le mot « combat » m’allait bien il y a quelques années, maintenant moins. Je marche plutôt à la fluidité.
Il faut se donner les moyens d’arriver à un objectif, mais c’est plutôt le chemin qu’on emprunte pour y arriver qui m’intéresse, de quelle façon on va s’y prendre et quels outils on va utiliser.

Après 10 ans de carrière, pensez-vous que vous feriez des choses différemment avec l’expérience d’aujourd’hui ?

Aujourd’hui, j’ai plus confiance en ma créativité et dans mes capacités qu’il y a 10 ans, j’ai envie de partager et de semer de belles choses, Respire c’est vraiment ça. Tout est parti de ma rencontre avec Pierre Rabhi, le pionnier de l’agroécologie en France.
J’ai écrit une chanson, Chacun sa part, parce qu’il considérait que si chacun faisait sa petite part à lui pour préserver la planète, elle ne serait pas dans cet état. On a chacun notre part de responsabilité.

Marikala est aussi peintre, elle dessine essentiellement des portraits. / ©Dr
Parlez-nous de la peinture, une autre corde à votre arc !

Après mes études de commerce, j’avais complètement oublié que je savais dessiner, je ne me rendais pas compte de mes capacités. Jusqu’au jour où mon fils m’a demandé de dessiner avec lui. J’ai aimé ça. J’aime dessiner les regards, les visages. J’aime aussi tout ce qui est floral. Je démarre l’aquarelle, je fais des portraits pastel et même au café. Je suis en train de passer au stade professionnel, je vis tout autant de la musique – j’ai également monté un label de musique et je fais un peu de coaching vocal – que de la peinture.

Et en plus vous êtes maman, vous dormez quand ?

Ça me fait plaisir que vous me posiez cette question, parce qu’en général les gens me demandent, c’est quoi ton vrai boulot, sous-entendu la peinture ou la chanson n’est pas un métier, mais lorsque l’on aime ce que l’on fait, on ne parle plus de job.
J’adore ce que je fais, mais attention, je ne dis pas que je ne pleure jamais de stress avant de monter sur scène. C’est un dépassement de soi énorme, c’est souvent compliqué de gérer ses émotions et son hypersensibilité. La gestion des émotions n’est pas simple dans l’art, il faut les laisser s’exprimer et c’est fatigant. Mais c’est tellement chouette d’être hypersensible, je ne changerais pas ça.

C’est une force ?

Pendant des années, je n’ai pas su quoi en faire. Aujourd’hui j’arrive à gérer les vagues et en tirer du positif. Les expériences les plus douloureuses dans ma vie ont, à chaque fois, donné une belle chanson. Quand on arrive à exprimer ses émotions, c’est vraiment chouette.

 

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